19 octobre 2009

Identification d'un tabouret

J'ai restauré ce tabouret au printemps je recherche des informations (région, menuisier connu, origine). Merci de prendre contact avec moi par mail 

 

tabouret

 

De votre côté, n'hésitez pas à me poser des questions sur un meuble qui vous poserait des problèmes d'identification. Je me tiens à votre disposition.

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18 octobre 2009

Infos pratiques

Xavier de Clerval

E-mail : atalante.antique@gmail.com

Atelier de restauration - Ste Atalante
3 rue Geoffroy Marie 75009 Paris

Quartier DROUOT - Métro : Drouot Richelieu

Tel: 01 48 00 93 86
Tel. 06 11 84 53 15

 

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15 octobre 2009

Conservation et restauration des meubles et objets d'art

Première règle d'or, l'amateur devrait impérativement s'adresser à un professionnel lorsqu'il se trouve face à un objet ayant subi les outrages du temps. En voulant obliger les particuliers à faire appel à un restaurateur, il ne s'agit pas de développer un protectionnisme primaire à l'égard d'artisans - dont certains sont malheureusement en voie de disparition - mais plutôt d'une forme de civisme envers le patrimoine historique dont nous sommes les détenteurs.

Si les interventions les plus lourdes sont en règle générale toujours confiées à un spécialiste, il arrive que l'on se dise : "Finalement, je suis bon bricoleur, j'y arriverai bien tout seul." C'est généralement là que les ennuis commencent. Il n'est certes pas impossible pour un simple particulier d'intervenir sur un meuble ; mais il existe beaucoup de précautions à prendre. Si elles ne sont pas respectées, les résultats peuvent être catastrophiques. Le domaine où le particulier sera le plus à même de se montrer efficace est certainement celui de la prévention et de la lutte contre les causes de dégradation du mobilier. On s'évitera également bien des déboires si l'on respecte certaines règles d'entretien

PREVENIR LES DEGRADATIONS ET LUTTER CONTRE LEURS CAUSES

Deux grands coupables dans ce domaine : l'atmosphère et les insectes.

LES CAUSES ATMOSPHÉRIQUES
Si votre commode en marqueterie présente des signes de fatigue, il y a fort à parier que vous l'avez placée soit en plein courant d'air, soit près d'une source de chaleur. La marqueterie et les placages sont extrêmement sensibles : ils peuvent subir des décollements, des déformations, des fentes ou des déchirures. Sur la marqueterie de type Boulle, les effets sont catastrophiques et les décollements sont spectaculaires. Le bois doré est également très fragile à cet égard. Mais les meubles en bois naturel réagissent aussi aux variations atmosphériques et hygrométriques. Deux phénomènes sont en cause :
•Le retrait des bois : on le soupçonnera si on perçoit des craquements sinistres, plus ou moins sonores. Dans le pire des cas, le panneau touché peut s'ouvrir d'un seul coup ou même se déchirer. On observe parfois ces accidents sur des dessus de commodes ou de buffets.
• Le gauchissement provoque des déformations : les portes et les abattants se voilent, ne ferment plus ...
Comment prévenir ces dommages ? Tout d'abord en mesurant le taux d'hygrométrie : le taux d'humidité de l'air doit se situer entre 50 et 60%, la température entre 15 et 20°. On mesure ce taux à l'aide d'un hygromètre à cheveu, disponible chez l'opticien. Il faut ensuite se préoccuper du chauffage des pièces. En effet, le chauffage central dessèche l'atmosphère, surtout en cas de chauffage par le sol. Le chauffage électrique, lui, «brûle» l'air. On veillera à humidifier l'atmosphère à l'aide de saturateurs qu'on remplira d'eau tous les jours en période de chauffage. Dans certains cas, l'humidificateur est indispensable : il est très eficace. D'ailleurs, les bibliothèques et musées en sont tous équipés.
Autre cause naturelle de dégradation des meubles : les rayons du soleil et de la lune qui provoquent des décolorations, détériorent les vernis et attaquent le bois. Les rayons ultra-violets causent environ 40% du défraîchissement. Les infra-rouges sont responsables à 25%, la lumière à 25% et la pollution à 10%.
Un seul remède à ces dommages : les films de protection anti-ultra violets que l'on appliquera sur les vitrages. Ces films réduisent de 99% l'effet des rayons.

LES INSECTES
Ennemis jurés des meubles, les insectes amateurs d'art sont principalement le capricorne des maisons, le lyctus, la petite vrillette et la grosse vrillette. La plupart du temps, c'est la larve qui est responsable des dégâts car elle se nourrit du bois en le rongeant. Certains dégâts peuvent être spectaculaires, et ils n'épargnent aucun type de meuble.
Le capricorne des maisons est le plus gros de ces insectes. Il fait autant de bruit qu'une souris et est doté de mâchoires exceptionnelles, ce qui lui permet de s'attaquer même à la marqueterie Boulle. Il aime la chaleur et appréciera donc particulièrement le chauffage central. Il s'attaque principalement aux essences résineuses. En plus de son bruit caractéristique, le capricorne signale sa présence par son trou de sortie qui a le diamètre d'un crayon !
Le lyctus exerce ses talents toute l'année. Sa larve met à peu près un an pour passer à l'état adulte. Il se développera plus rapidement dans des locaux chauffés. Il a une préférence pour les feuillus : chêne, frêne, noyer, orme ...
La petite vrillette est l'insecte le plus répandu dans les objets d'art. Ses larves vivent entre deux et quatre ans. Adulte, elle se rencontre entre mai et septembre. Si la température est supérieure à 17°C, son rayon d'action est réduit car elle ne se déplace qu'en marchant. Mais s'il fait plus chaud, elle s'envole et peut alors infester tout le mobilier de la maison ! Elle n'est pas difficile et s'attaque aussi bien aux résineux qu'aux feuillus, toujours dans l'aubier. La grosse vrillette mesure environ 11 mm. Sa larve ne peut évoluer qu'en atmosphère très humide : c'est pourquoi on la retrouve souvent dans les résidences secondaires qui restent longtemps inoccupées. Mais attention : elle continue à se développer une fois le taux d'humidité redevenu normal.

Le traitement préventif
Ce type de traitement devra impérativement être pratiqué avant le printemps, avant que l'insecte ne ponde. Les produits (xylophène ou Fongix) seront passés en deux couches. On renouvèlera l'opération deux ans de suite, puis tous les trois ans. Attention : on ne traitera pas de la même manière les meubles de menuiserie et les meubles d'ébénisterie.
Les meubles de menuiserie seront badigeonnés au pinceau, sur les intérieurs et le dessous. On procèdera toujours à petit test avant de traiter les extérieurs.
Les meubles d'ébénisterie seront traités à l'intérieur. Pour les extérieurs, on se limitera aux arrières et les dessous non plaqués et non vernis. Attention aux coulures qui risquent de tacher. On les essuiera rapidement avec un chiffon propre.
Quant aux meubles dorés, ils exigent des précautions extrêmes : en effet, la migration du badigeon risque de provoquer le décollement des apprêts.

Les traitements curatifs sont à réserver aux professionnels
En curatif, le restaurateur peut aujourd'hui utiliser deux produits au choix : le Xylophène et le Fongix V33. Ils ont aussi une action préventive sur les insectes adultes. Ces produits sont à manipuler avec beaucoup de précautions et seront donc réservés aux professionnels.
Il existe un traitement curatif à 100% : la fumigation . Très efficace, ce procédé consiste à traiter le meuble placé dans un autoclave. On y injecte un gaz qui désinfecte à cœur. Ce procédé permet de traiter sans aucune inquiétude pratiquement n'importe quel objet, car on adapte le gaz utilisé à la nature de l'objet.
Une fois la fumigation effectuée, on effectuera un traitement préventif complémentaire afin d'obtenir une protection complète.

REGLES D'OR POUR LA CONSERVATION DU MOBILIER

  • Maintenez impérativement un taux d'humidité entre 50 et 60%. Pour le mesurer, utilisez un hygromètre à cheveu.
  • Pour humidifier l'atmosphère, deux solutions : le saturateur de radiateur ou le ventilateur d'hygrométrie.
  • Protégez les meubles anciens des rayons ultra-violets en collant aux vitres des fenêtres des films invisibles anti-UV.
  • La poussière s'élimine au plumeau anti-statique ou au chiffon doux. Jamais de produit en bombe.
  • Les meubles cirés ne seront traités qu'une fois par an, exclusivement avec une cire en pâte naturelle.
  • On n'applique aucun produit d'entretien sur les vernis.
  • Pour éliminer la poussière des cadres en bois doré, ne jamais utiliser de chiffon, mais un plumeau antistatique.
  • Ne jamais nettoyer au produit à vitres les miroirs encadrés de bois doré : les coulures seraient fatales à la dorure.
  • Pour nettoyer ces miroirs à fond, les décrocher et les nettoyer à l'horizontale. Si c'est impossible, les frotter doucement avec un papier journal imbibé d'alcool.
  • Les bronzes seront seulement époussetés.

meuble

ENTRETIEN

Il n'y a pas de secret, l'entretien d'un objet d'art demande une grande attention de la part de son propriétaire. Il ne doit jamais oublier qu'il n'est pas en présence d'un simple meuble utilitaire mais bien du témoignage des arts décoratifs du passé. Propriétaire d'une partie du patrimoine historique mondial, il se doit d'appliquer des méthodes d'entretien sans risque afin d'assurer la pérennité de ces objets rares.

LES MEUBLES CIRES


Ils sont la plupart du temps en bois naturel, généralement fruitier (noyer, merisier) mais aussi châtaignier, chêne, orme, hêtre, etc.
• Comment les reconnaître ?
On remarquera une certaine épaisseur. La texture est douce, chaude et agréable. Au toucher, on a une sensation légèrement collante, moins lisse qu'avec un vernis. Sur une finition à la cire, le doigt accroche légèrement et produit un petit bruit.
Une règle d'or : la lutte contre la poussière. Cette guerre se mène exclusivement à coups de plumeau antistatique de préférence ou à la rigueur de chiffon. En effet, le chiffon traditionnel a tendance à ramasser la poussière, qui se redépose au moment où l'on fait briller. Pour cette dernière opération, on utilisera un chiffon propre à trame fine (chaussette fine ou chiffon à poussière). Le premier secret de la réussite, c'est "l'huile de coude" ! A la fin de l'opération, on frotte de moins en moins fort et on regarde apparaître le brillant. Pour les moulures et les sculptures, on utilisera une brosse en plume d'oie.
Les meubles en bois naturels finis à la cire ne seront cirés qu'une fois par an, sauf incident d'humidité ou de grande sécheresse. On utilisera exclusivement une cire d'abeille et de térébenthine, en évitant absolument tout produit à base de silicone.

• Comment éliminer les salissures ?
Un grand classique : la popote pour meubles cirés. Dans le cas d'un meuble très sale ou très taché, on utilisera préalablement un décireur en respectant toutes les précautions d'emploi. On proscrira la paille de fer ou la laine d'acier. L'idéal étant d'utiliser le crin animal.
En cas de tache d'eau, on essuiera très vite. Souvent, si l'on frotte fort avec un simple chiffon, on parvient à faire disparaître la tache. Si elle est récalcitrante, on utilisera de la cire fraîche. Si l'accident est plus grave (vase qui fui) et la tache plus profonde, on pourra utiliser le sèche-cheveux qui permet de ramollir la cire. On frotte la tache sous le sèche -cheveux : cela permet de répartir la cire et de faire disparaître la tache. On peut aussi utiliser la technique du bouchon de liège que l'on frottera dans le sens du bois.
Quant aux taches de gras, elles n'ont guère qu'un remède : la terre de Sommières.

LES MEUBLES VERNIS

• Comment les reconnaître ?
A l'œil, on a une impression un peu froide. Au toucher, on a une sensation lisse et pure. Le doigt glisse sur le vernis. Le vernis se passe suivant les étapes que voici :
• Comment les entretenir ?
Pour la poussière, on l'éliminera au plumeau plutôt qu'au chiffon. Pour faire briller, on évitera tout produit en bombe. On ne cirera jamais un vernis.
Les taches d'eau superficielles s'élimineront à l'aide d'un produit appelé Nicko dont on imbibera modérément un coton passé en rond. Puis on essuiera avec un autre coton. Pour les taches d'eau profondes, il n'y a malheureusement pas grand-chose à faire. Pour les taches de gras, la terre de Sommières est le seul remède. Pour les salissures, on utilisera soit le nicko, soit la popote, soit l'eau japonaise.

LE BOIS DORE
Premier impératif : veiller aux variations hygrométriques et aux écarts de température. La poussière s'élimine au plumeau antistatique et pas au chiffon. On n'utilisera jamais de produit en bombe pour nettoyer un miroir entouré d'un cadre en bois doré. En effet, les coulures provoqueraient des traces indélébiles. En cas de vitre ou de miroir très sale, on décrochera le cadre et on nettoiera le verre à l'horizontale à l'aide d'un papier journal imbibé d'alcool à 90°. Attention : ne jamais mettre un baromètre à l'horizontale !

LES MARBRES
La poussière s'ôte au chiffon. Pour faire briller, on utilisera la cire d'abeille naturelle brute afin de nourrir le marbre. Les salissures s'élimineront éventuellement à l'acétone, qu'on utilisera avec beaucoup de prudense car ses émanations sont nocives. Les taches s'élimineront en frottant avec de la laine d'accier très fine soit à sec, soit avec de la popote.

LES BRONZES
En réalité, le vernis est plus fragile que le bronze lui-même. Pour en conserver l'éclat, on passera régulièrement un chiffon doux. Il faut savoir qu'un bronze d'ameublement ne peut pas être entièrement nettoyé sans être démonté. Que le bronze soit doré ou vernis, on peut le nettoyer à l'eau savonneuse (savon de Marseille) chaude, on rince puis on sèche dans de la sciure de sapin.

LES CUIRS
Pour l'entretien, on utilisera une "Crème nourricière pour cuir" qui assouplit et entretient. Elle a également le mérite d'atténuer les griffures et les rayures. Enfin, pour le nettoyage, on restera très prudent et on effectuera des essais avant toute opération. On peut utiliser sans crainte le "Lait nettoyant nourrissant". Pour les taches d'encre, pas de remède miracle. Les taches d'eau s'atténuent très bien à la crème ou la a cire. La terre de Sommières est souveraine pour les taches grasses. Quant aux déchirures, elles se recolleront exclusivement à la colle à bois (colle blanche) ou à la colle de peau qui ne tache pas les vernis. On aura soin d'éliminer l'excédent au chiffon.

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14 octobre 2009

Atelier de conservation et restauration du patrimoine - Meubles et objets d'art

Depuis des générations, les professionnels du marché des antiquités et des objets d'art conservent jalousement recettes traditionnelles, tours de main et techniques ancestrales. Ce savoir faire disparaît parfois lorsqu'un maître ou un expert quitte le métier sans avoir transmis ses connaissances. Nous comptons sur votre intérêt et surtout sur vos interventions. N'hésitez pas à utiliser notre adresse email aussi souvent que vous le voudrez. De mois en mois, ce blog deviendra alors une véritable base de données ouverte à tous où chacun pourra poser des questions et certainement trouver des réponses.

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For generations, professionnal craftsmen and specialists in the antiques field have been jealously keeping traditional recipes, special skills and centuries old techniques. This precious savoir faire tends to disappear as soon as a master or expert leaves his occupation without having transmitted his culture and knowledge. Our generation could not remain indifferent to this irreversible loss of information. We wish this blog could become the first pages of a memory book open to all those willing to share savoir faire and knowledge with coming generations.

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13 octobre 2009

Evolution des styles en art décoratif

Nous avons préféré retracer  l'évolution des styles en ameublement en nous repérant par rapport aux dates marquantes de l'histoire de France, depuis la Renaissance jusqu'à l'avènement de l'Art Déco. Les limites des périodes sont évidemment mentionnées à titre indicatif, puisqu'il est généralement admis qu'en province, les styles duraient plus longtemps qu'à Paris où exerçaient les créateurs "à la mode".

chrono

LE STYLE RENAISSANCE

Charles VIII meurt le 7 avril 1498. Le duc d'Orléans devient alors roi de France sous le nom de Louis XII. Nous entrons de plain-pied dans le style Renaissance qui vient directement d'Italie et se prolongera jusqu'en 1610, à la mort du roi Henri IV.
Les types de meubles

L'armoire
Composée de deux corps, parfois séparés par un tiroir, elle est la plupart du temps en noyer et s'orne volontiers de sculptures abondantes. Les pieds sont de forme boule.

Le buffet
En chêne à l'origine, il sera bientôt réalisé en noyer. C'est le meuble le plus représentatif de l'époque. Il est à deux corps, fermés par des vantaux. Pendant la première période d'influence italienne, on trouve encore beaucoup de meubles en chêne comportant entre autres, sur une structure de type médiéval, des cartouches, des grotesques (personnages grimacants ou satyres), des médaillons, des moulures anguleuses ornées de godrons et de rais-de-cœur, mais aussi des rinceaux de feuillages avec des fruits. Dès la seconde période, le noyer acquiert ses lettres de noblesse. Plus souple sous le ciseau du sculpteur, il va permettre aux artistes de réaliser de superbes panneaux ornés de cariatides, de personnages mythologiques, de têtes d'animaux et de masques. Ce sont des meubles très chargés qui ont connu un regain de faveur à la fin du XIXe siècle, en particulier le fameux buffet Henri II qui s'est fabriqué en grande quantité jusqu'avant la Première Guerre mondiale.

Le lit
Il est à baldaquin et ses colonnes sont tout d'abord très travaillées, puis de forme simplifiée vers la fin du style (balustres ou fuseaux tournés).

Les sièges
- La caquetoire : C'est un siège trapézoïdal avec un dossier étroit légèrement incliné vers l'arrière. I1 s'adapte mieux à la position du corps assis : c'est l'avènement de la notion de confort qui jusqu'ici semblait absente.
-La chaise à bras: D'aspect rectangulaire, son dossier est plus bas que la tête de l'occupant.
-Le siège en tenailles: C'est l'ancêtre du fauteuil pliant. Son assise est formée soit par des lamelles qui s'entrecroisent, soit par un cuir tendu, voire par de la toile.

Le coffre
C'est le meuble utile par excellence; il repose sur un socle mouluré. Les poignées de transport disparaissent, ce qui est le signe d'une utilisation sédentaire, de même que les serrures qui se font discrètes pour laisser plus de place aux sculptures sur la façade.


LE STYLE LOUIS XIII

Henri IV meurt assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610. Louis XIII n'a alors que neuf ans, et c'est Marie de Medicis qui est déclarée Régente. Le style qui va porter le nom du jeune roi est déjà pratiquement arrivé à maturité. La technique du placage d'ébène sur un bois commun s'affirme, tandis que le tournage est omniprésent: sur les sièges, les cabinets, les tables, etc.
Les types de meubles

L'armoire
En ce début de XVIIe siècle, elle est imposante. Les sculptures font place a un décor de "pointes de diamant" ou de losanges aplatis avec, parfois, des colonnes torsadées le long des montants. La corniche et la base dépassent de l'axe vertical, avec des moulurations droites et dépouillées. Quant aux pieds, bien que de forme boule, ils s'aplatissent. L'armoire à deux portes remplace peu à peu celle à deux corps qui tend à disparaître.

Le buffet
Même décor que pour les armoires sur ces meubles dont le corps supérieur est maintenant le plus souvent sur le même plan symétrique que celui du dessous. Sur certains modèles, les moulurations des portes sont de forme circulaire concentrique. Les frontons ont disparu pour laisser la place à des corniches débordantes qui présentent parfois un ressaut.

Le lit
Toujours à baldaquin, avec colonnes torses ou piliers cannelés. I1 est parfois entièrement recouvert de tissu ou entouré de rideaux. Un modèle plus courant est dit "en tombeau" car ses piliers de tête sont plus hauts que ses piliers de pied, et le tissu qui le recouvre lui donne une forme rappelant le tombeau.

Les sièges
Ils sont maintenant garnis de crin et recouverts de tapisserie, d'étoffes diverses ou de cuir maintenu par de gros clous. Deux types de siège prédominent : la chaise à bras traditionnelle (qui deviendra le fauteuil à haut dossier) et la chaise à dos. Les pieds sont tournés à la manière de colonnes à torsades et spirales ou plus simplement en balustres ou en chapelets (superposition de boules plus ou moins aplaties). Ces pieds sont réunis entre eux (pratiquement à leur base) par une entretoise en forme de H. Détail important : le raccordement des accotoirs se fait au niveau des pieds avant. Ils vont donc du dossier à l'avant du fauteuil sur la prolongation des pieds. Ils peuvent être directement encastrés dans le pied ou légèrement prolongés par une tête d'animal ou une crosse simple (voire sculptée lorsque le bras est incurvé).

Le coffre
Il est toujours en vogue.

Le cabinet
Le style Louis XIII en comporte deux sortes : le petit modèle dit de voyage se pose sur une table, le cabinet d'apparat (de grande taille) repose sur un piétement constitué de colonnes travaillées au tour. C'est le meuble le plus marquant de cette période avec sa forme bien caractéristique : deux vantaux cachent des compartiments de tiroirs situés sur les côtés d'une niche. Cet intérieur peut être très simple avec un placage d'ébène à peine sculpté, ou plus élaboré avec un décor à l'italienne composé d'incrustations de pierres dures, véritables petits théâtres réalisés avec divers matériaux comme la corne, l'écaille et l'ivoire. On note aussi la présence de superbes moulurations ondées encadrant les panneaux quelquefois peints en trompe-l'oeil.

La table
Hormis l'entretoise en H et les pieds tournés, en bois massif, elle rappelle celle de la Renaissance. Le centre de l'entretoise comporte parfois un motif en forme de vase ou de toupie. Quant aux bas de pieds, ils se terminent par une boule plus ou moins aplatie. A cette époque, on plaçait sur certaines tables plus frustes une étoffe de bure pour les camoufler : c'est de là que vient le mot "bureau".


LE STYLE LOUIS XIV

A peine six mois après la mort de Richelieu, Louis XIII suit son ministre dans la tombe, le 14 mai 1643. Il faudra attendre le 7 juin 1654 pour assister au sacre de Louis XIV à Reims. Entre-temps, c'est sa mère Anne d'Autriche qui va exercer la régence avec le non moins fameux Mazarin. Jusqu'aux environs de 1660, le style Louis XIII poursuit son évolution pour aboutir à la majesté du style Louis XIV. De grands noms marquent cette période faste pour les arts, qui se prolongera une cinquantaine d'années : Jean Berain, André-Charles Boulle, Caffieri, Cucci, Jean Lepautre, Mansard, Jean Marot et Louis Le Vau, entre autres.
Les types de meubles

Cette époque voit la naissance de certains meubles nouveaux:

La bibliothèque
A hauteur d'appui, ses portes sont ajourées et ornées d'un grillage en laiton ou d'une vitre qui laisse entrevoir les livres. Elle est marquetée de bois précieux aux couleurs multiples, de cuivre et d'écaille de tortue à la manière de Boulle, mais aussi d'argent, de corne, de nacre et même d'ivoire. Elle s'orne également de bronzes finement ciselés et dorés.

Le bureau
Nous y voilà ! Le bureau tel que nous le connaissons aujourd'hui fait sa première apparition, peut-être tout d'abord sous la forme d'un modèle dit "bureau Mazarin". C'est un meuble de petite taille qui se caractérise par sa forme à caissons supportés par huit pieds à entretoises. On peut non seulement écrire sur le plateau, mais en plus ranger les papiers importants dans les tiroirs. I1 y a également le bureau plat. C'est un large plateau recouvert d'un cuir ou d'un velours. I1 possède huit pieds à cambrure raide, sans entretoise. Certains sont prévus pour recevoir un gradin (ou serre-papiers) à casiers. La ceinture est agrémentée de bronzes et les poignées des tiroirs s'articulent. Ce style de meuble va se perpétuer avec bien des variantes à travers les siècles.

La commode
La commode est probablement le successeur direct du coffre. Elle est de forme rectiligne ou légèrement galbée, avec une ou deux courbures arrondies dans les angles. Sur les premières, on compte deux à quatre tiroirs en façade remplacés par la suite par trois à quatre rangées décorées de placage d'ébène ou de poirier noirci souligné par des filets en laiton. D'autres modèles plus sophistiqués révèlent une marqueterie de type Boulle. Le plateau, en bois marqueté à l'origine, sera plus tard composé d'un marbre, comme sur les consoles. Les motifs sont à base d'arabesques, de mascarons, de palmettes, de rinceaux de fleurs, de motifs géométriques et d'animaux. I1 faut aussi noter que cette marqueterie est collée sur des bois qui, à cette époque, sont en chêne. On note aussi du sapin pour les autres parties de plus petite taille (façades de tiroirs, mais aussi côtés).

Le bas d'armoire
Ainsi nommé parce que composé uniquement de la partie basse d'une armoire ou d'un buffet a deux corps, il comporte deux ou trois portes. C'est une création du XVIIe siècle. On peut penser que c'est l'ancêtre du buffet bas que l'on retrouve dans le mobilier rustique.

La console
Il en existe deux types. La console cite "de milieu" est formée d'un plateau rectangulaire reposant sur quatre pieds (en bois sculpté) assemblés entre eux par une entretoise. La console dite "d'applique" est adossée contre un mur et ne comporte que deux pieds. Elles sont généralement dorées, ou, plus rarement, en marqueterie Boulle avec une ornementation de bronzes ciselés. Quant aux piétements, ils sont eux aussi le plus souvent en bois doré ou en fer forgé. Sur certains modèles prestigieux, ils sont même en argent.

Le mobilier courant évolue en parallèle :

L'armoire
Toujours imposante, ses pieds se terminent par des boules, mais aussi par des griffes ou des volutes. Parfois, ils sont  le prolongement des montants.

Le lit
Le lit dit "à la Duchesse" se place au milieu d'une pièce ou au centre d'un mur et on peut y accéder des deux côtés. Dans ce cas, il est sans colonne et surmonté d'un dais suspendu au-dessus de l'occupant. Dans le cas du lit "d'ange", le ciel est plus court que le lit. Les pieds sont dissimulés par ce que l'on appellerait aujourd'hui un dessus de lit; celui-ci tombe jusqu'au sol. Le lit "dôme" comporte une partie du dessus courte et assemblée sur un montant. Dans le lit "à l'Impérial", ce dôme est en forme de S. Quelle variété!

Les sièges
- Le fauteuil.Son dossier monte très haut et permet d'obtenir une meilleure assise. A la fin du style, les accotoirs ne sont plus assemblés sur le prolongement des pieds, mais sur un support indépendant légèrement en retrait. Les pieds, quelquefois en console, présentent alors des sculptures sophistiquées. Certains modèles de pieds à forme arrondie, avec un renflement aux extrémités, sont dits à os de mouton. L'entretoise n'est plus forcément en H, mais aussi parfois en X; signalons l'existence du fauteuil dit de confessionnal, qui est en quelque sorte l'ancêtre de la bergère, puisqu'il est pourvu d'oreilles pour un meilleur confort.
- Les chaises. Pas de grandes innovations à noter, en dehors des modifications de formes et de structures comparables à celles qui affectent les fauteuils.

LE STYLE REGENCE

Le futur roi Louis XV naît à Versailles le 15 février 1710. Cinq ans plus tard, le ler septembre 1715, Louis XIV meurt. C'est bien avant cette date, néanmoins—dès la fin du XVIIe siècle—que le mobilier a commencé d'accuser une très nette évolution vers un allégement. Cette transition entre la somptuosité du mobilier d'apparat Louis XIV et le rythme endiablé du futur style Louis XV portera le nom de Régence, puisqu'elle recouvre, entre autres périodes, la régence du duc Philippe d'Orléans (1715-1723).
Les types de meubles

L'armoire
Elle est en bois massif et ses angles s'arrondissent . Les panneaux sont allégés par des moulurations asymétriques et les bas de pieds sont maintenant galbés et courts.
Le buffet
Toujours à deux corps, il présente la même ornementation que l'armoire, mais il repose souvent sur un socle plein.

Le lit
Le lit à quenouille disparaît peu à peu. Le traditionnel lit à la duchesse et le lit d'ange sont encore en vogue.

Les sièges
Là aussi, c'est le grand bouleversement. Les sièges en hêtre ou en noyer sont plus légers, plus faciles à déplacer; à la finition dorée, on préfère le bois naturel. Il n'y a plus d'entretoises, l'accotoir qui se garnit d'une manchette est maintenant en retrait par rapport au pied, les bois vent à nouveau visibles autour du dossier. Celui-ci est droit, mais le dessus a des formes découpées. Le bas des pieds est à enroulement, terminé par un dé en forme de bouchon de champagne. Les sculptures en forme de coquilles se généralisent. Elles sont parfois ajourées. On assiste aussi à la prolifération des feuilles d'acanthe, des palmettes sur fonds traités en losanges. La mode des chaises et des fauteuils de canne (qui existaient depuis 1660) fait fureur, et l'on voit se développer les canapés, les bergères et les chaises longues - fauteuils rallongés sur six pieds.

Le bureau
De grande taille, il ne possède plus que quatre pieds. Sa ceinture joliment découpée reçoit alors trois tiroirs et les côtés sont adoucis par des chutes de bronzes dorés. De plus en plus en souvent, il est plaqué de bois précieux, mais on en trouve encore en ébène ou en poirier noirci.

La commode
C'est le meuble phare de cette période. La commode dite "en tombeau" est une innovation. Sur des bouts de pieds courts, toutes les lignes sont courbes. Loin d'être gracieuse, elle est plutôt lourde, plaquée de palissandre ou de bois de violette en frisage, voire en bois massif (surtout en province), avec ses côtés ventrus et sa façade bombée. De plus, les entrées de serrures, les poignées, le cul-de-lampe de la traverse du bas et bien sûr les pieds sont agrémentés de nombreux bronzes ciselés et dorés.

LE STYLE LOUIS XV

De 1730 aux environs de 1750, la reconstruction de nombreux hôtels particuliers va donner un élan nouveau aux arts décoratifs. 1738 verra la fondation de la Manufacture de porcelaine de Vincennes, transférée plus tard à Sèvres. En 1740, un métier à tisser automatisé est mis en service à Vaucanson. Cette période est associée aux plus grands noms de l'ébénisterie (Cressent, Lacroix, Migeon, Oeben...). C'est aussi la gloire des ornemanistes qui vont imposer les formes rocaille tourmentées inspirées de coquillages adaptées pour la circonstance aux bronzes qui orneront les meubles.
Les types de meubles

Le lit
Vers 1740 apparaissent les premiers lits d'alcôve installés parallèlement au mur et surmontés d'un baldaquin.
Les sièges
Confortables, ils sont parfois peints de plusieurs tons et leurs dossiers de forme plus ou moins violonée sont soit "à la reine" lorsqu'ils sont plats, soit "en cabriolet" lorsqu'ils sont concaves. Ces derniers, plus légers, se transportent d'une pièce à l'autre au gré des conversations entre courtisans. Un nouveau modèle dit "voyeuse" permet à une personne restée debout de s'appuyer sur un accotoir situé au-dessus du dossier pour suivre une conversation avec la personne assise. On assiste aussi à la création de très beaux fauteuils de bureau, généralement cannés, réalisés sous la forme d'un losange reposant sur quatre pieds dont celui de devant va se trouver entre les pieds de l'occupant. Enfin, la marquise est un petit canapé à deux places, tandis que la duchesse est une sorte de chaise longue. On découvre aussi les canapés qui seront très en vogue, comme l'ottomane et le sofa.

La commode
Le XVIIIe est aussi le siècle de la commode. Non seulement les ébénistes continuent de fabriquer les modèles Louis XIV ou Régence, mais en plus ils expérimentent des formes nouvelles avec des modèles hauts sur pieds à deux tiroirs, sans traverse de soutien apparente, celui du bas faisant aussi office de tablier, ou la commode à pieds courts ainsi que le chiffonnier, plus haut, comportant de nombreux tiroirs.
L'encoignure
Au milieu du XVIIIe siècle, l'angle droit est banni. On imagine alors ce petit meuble qui se place dans les angles des pièces. Par paire, les encoignures sont recouvertes d'un marbre et ouvrent sur toute leur hauteur par un ou deux vantaux décorés de marqueterie ou de laque.
La table
Elle fait toujours partie du décor, mais maintenant, à chaque utilisation correspond un modèle précis. On trouve ainsi des tables à jeu, à ouvrage, tambour, à écrire, chiffonnière, en haricot, d'accouchée, d'aquarelliste, liseuse, de chevet, coiffeuse et pourquoi pas poudreuse ! Elles associent esthétique et gracieuse légèreté, avec des marqueteries de bois précieux. Certaines seront même décorées de laques inspirées de motifs chinois. Elles participent à la vie quotidienne des favorites, dont Mme de Pompadour est certainement la plus célèbre.

Le bureau
Ces meubles se multiplient et leurs formes se diversifient : bureau plat, bureau capucin, secrétaire en pente dit aussi à dos d'âne, bureau à cylindre et enfin secrétaire à abattant permettent à ces Messieurs de s'exercer aux durs métiers de la finance ou de la politique.

LE STYLE TRANSITION

De 1750 à 1760, les formes s'épurent et retrouvent une rigueur symétrique pour aboutir au style Louis XVI. Cette évolution est en partie due à la reprise des fouilles de Pompei en 1748, qui font redécouvrir aux artistes des lignes droites agrémentées de cannelures, de colonnes rudentées... De cette courte période, nous retiendrons deux dates marquantes. En 1750, Bouguer et La Condamine rapportent d'Amérique du Sud le caoutchouc. En 1759 est fondée la fameuse Manufacture de toiles de Jouy-en-Josas par C.P. Oberkampf.
Evolution des meubles

L'armoire commence à voir apparaître à ses angles des cannelures et des chutes de bronze discrètes et proportionnées.
Les tables sont maintenant à ceinture droite et décor à l'antique,  les sièges sont droits et cannelés, la ceinture  n'étant plus chantournée, avec un dossier de forme ovale.

C'est la commode qui subit véritablement une évolution importante puisque sa forme devient rectangulaire et son décor est maintenant basé sur l'utilisation de frises et de marqueteries à damiers ou motifs géométriques.
 

LE STYLE LOUIS XVI

Louis XV meurt le 10 mai 1774 alors que ce que l'on va appeler le style Louis XVI est déjà bien implanté. Jusqu'à la Révolution, les meubles suivent la voie de la rigueur géométrique architecturale. C'est le temps du Petit Trianon et du Panthéon. Les ébénistes sont de la partie, avec une production d'une exceptionnelle qualité, où extérieur et intérieur sont traités avec le même soin. Les fonds ne sont plus laissés bruts de sciage, même dans les endroits invisibles, et l'acajou commence son ascension vers le sommet. On note un retour remarqué du style Boulle, avec les fils de ce grand ébéniste du temps de Louis XIV ainsi que les célèbres Levasseur et Montigny. En province, on continue encore une production de meubles de type Louis XV, surtout pour les modèles en bois massif (les armoires).

Les types de meubles

Les sièges
La production de cette fin de XVIIIe siècle est marquée par le nom de Georges Jacob, qui préconise l'utilisation de l'acajou plutôt que du hêtre ou du noyer. Le dossier a pris une forme médaillon ou trapézoïdale et les accotoirs dont les supports s'incurvent rejoignent les pieds avant eux-mêmes fixés à la ceinture par un dé de raccordement. A la fin du style, les accotoirs reposeront à nouveau sur un support reculé en forme de balustre. Du côté des chaises, des nouveautés aussi avec des modèles à dossiers non recouverts, percés à jour à motifs de lyres ou de montgolfières.

La table
Comme sous Louis XV, chaque table remplit un rôle bien déterminé. La table de salle à manger fait son apparition. A rallonges, se plaçant au centre, ou à abattant sur les côtés, elles sont à quatre, six ou huit pieds. En acajou, de très belle facture, leur forme est ronde ou ovale, avec une ceinture. Comme pour la commode, notons l'existence de la table demi-lune avec piétement coulissant et plateau séparé en deux par sa moitié. La table bouillotte comporte quant à elle un plateau de marbre entouré d'une galerie de bronze réalisée dans un alliage tirant sur le laiton. Il existe aussi un modèle à mécanisme dit à la Tronchin, qui permet de travailler debout ou assis. En règle générale, les piétements sont droits.

Le bureau
C'est l'ère du cylindre de plus ou moins grande taille. Il est généralement en placage d'acajou, sauf pour certains modèles prestigieux ornés de marqueterie. Le bonheur du jour fait son apparition. On le dit volontiers réservé aux femmes, à cause de sa petite taille et de son élégance. Il comporte une partie rangement sur le plateau.

La commode
Trois innovations intéressantes : la commode demi-lune, la commode en console et le semainier à sept tiroirs. Les pieds se présentent sous plusieurs aspects : à cannelure, en pyramides, en toupie ou à spirale, et même à palmettes.

Les grosses poignées font maintenant place à de discrets anneaux de tirage, tandis que les  bronzes se rencontrent en entrelacs et guirlandes sous les ceintures. A noter également des entrées de serrure coiffées d'un noeud.

La vitrine
Après la bibliothèque qui a vu le jour au XVIIe siècle, c'est au tour de la vitrine d'être à la mode. Elle se présente sous la forme d'une armoire à porte vitrée et permet de mettre en valeur livres, bibelots et autres petits objets de collection très en vogue à l'époque.


DIRECTOIRE ET CONSULAT

De 1789 jusqu'en 1804, la France connaît des heures d'exaltation et d'angoisse qui se traduiront par un bouleversement des traditions. En 1791, sont exposés devant la Constituante les principes du système métrique qui sera adopté légalement à partir de 1793. Cette même année verra l'exécution du Roi le 20 janvier et la création du Museum d'histoire naturelle ainsi que du Conservatoire national des Arts et métiers. En 1801, les frères Jacob reçoivent la Médaille d'or. Enfin, en 1804, le premier métier à tisser la soie est mis au point par Jacquard.

Les types de meubles

Les lits
Sous le Directoire (1789-1799), les modèles sont de type Louis XVI avec une ornementation suivant le courant révolutionnaire (bonnet phrygien...). Plus tard, sous le Consulat (1799-1804), ce sera l'époque des caryatides, des sphinx et des griffons. Les lits seront placés de travers, avec une forme en gondole, et on verra même, à la fin de cette période, la fabrication des premiers modèles en métal à barreaux. 

Les sièges
Pendant le Directoire, ils sont enroulés, avec des accotoirs qui rejoignent les pieds avant, tournés en fuseau étranglé vers le haut, avec des pieds arrière en forme de sabre.Les dossiers des chaises sont ajourés et une nouvelle ligne en gondole connaîtra du succès tout au long du XIXe siècle. Pendant la période Consulat, ils subiront l'influence du style retour d'Egypte, avec une ornementation caractéristique qui annonce l'Empire.
 
Les tables
Continuant les formes Louis XVI pendant la première période, de nouveaux piétements à base de cygnes ou de griffons voient le jour. Les grandes tables possèdent un plateau rectangulaire à ressaut et des pieds droits à section carrée avec un dé de raccordement décoré d'un losange peint ou incrusté. Pendant le Consulat, elles sont plus massives, de forme ronde avec une ceinture en retrait et reposeront sur des pieds de section carrée à griffes.
Les commodes
Pendant le Directoire, elle est droite, sans marqueterie. Sous le Consulat, elle se présente avec des pieds à griffe et des anneaux de tirage à têtes de lion. Leurs montants sont parfois ornés de figures ou de pilastres.

Les consoles
Elles n'échappent pas à la règle avec leur façade rectiligne et leurs côtés concaves typiques du style Directoire. Sous le Consulat, on remarque à nouveau des pieds travaillés en forme de caryatides ou de femmes ailées posés sur des piétements à pilastre. Les décors sont en forme de palmettes.

La psyché
C'est une innovation du Consulat. Cette glace suspendue entre les montants d'un cadre de bois est ornée de griffes et palmettes.


LE STYLE EMPIRE

En 1806, on pose les premières pierres de l'Arc de Triomphe. Six cent vingt mille Français sont sous les drapeaux. Six ans plus tard, ce sera la retraite de Russie, avec plus d'un million de compatriotes en guerre. Le style Empire se veut monumental, et les meubles seront chargés d'emblèmes allégoriques. 
Les types de meubles

L'armoire
Sa façade est plane et sans moulures, avec des colonnes détachées en prolongement des pieds. 

Le lit
Il en existe plusieurs types, mais l'un des plus célèbres est certainement le lit bateau à dossier incurvé vers l'arrière, orné uniquement du côté visible. Les pieds sont maintenant remplacés par une plinthe et quelques bronzes en applique. Un nouveau type de lit de repos fait son apparition : la méridienne comportant trois dossiers, celui de tête réuni à celui de pied situé plus bas par un plan en pente nette. 

Les sièges
Outre les modèles d'apparat, on trouve de plus en plus de fauteuils en gondole avec des accotoirs cylindriques qui tournent vers le bas pour rejoindre les pieds avant au niveau de la ceinture. Cette période est particulièrement marquée par le choix de l'acajou comme composant principal, ainsi que par des lignes élégantes qui sont toujours aujourd'hui très appréciées.

La table

Trois petites nouvelles : la table de nuit ou "somno", de forme cylindrique ou cubique,  l'Athénienne avec un plateau rond ou hexagonal, sur pied métallique et la table de toilette avec une glace fixée sur un marbre reposant lui-même sur un piétement en X.

Le bureau
Le grand bureau "ministre" est imposant, avec ses deux caissons de tiroirs descendant jusqu'au sol. Le bureau "ministre", plus petit, repose sur huit pieds fixés sur un socle à plinthe. Le bureau à cylindre, toujours de forme Louis XVI, est lui aussi à huit pieds, terminés par des griffes.

La commode
Deux formes la caractérisent : le modèle à colonne détachée, parfois baguée de bronze, et celui à décrochement en façade qui reçoit alors des caryatides. Le plateau débordant est quant à lui recouvert d'un marbre. Les tiroirs sont sans poignée ou à boutons de tirage. Conséquence du blocus, l'acajou se raréfie et  les ébénistes ont recours aux bois locaux comme le noyer.


LES STYLES RESTAURATION ET LOUIS-PHILIPPE

L'Empereur s'en est allé, et les Bourbon sont de retour. Louis XVIII va gouverner jusqu'à sa mort, le 16 septembre 1824, et Charles X lui succèdera jusqu'à son abdication le 31 juillet 1830. A son tour, Louis-Philippe prendra la relève jusqu'en 1848, date de la proclamation de la Deuxième République par Lamartine et Ledru-Rollin.

Evolution des meubles de 1815 à 1850

Cette période est marquée par l'apparition de nouveaux meubles que l'on peut considérer comme "populaires" au sens démocratique. L'armoire à glace, par exemple, va entrer dans tous les foyers français susceptibles d'acquérir du mobilier, le principe de l'argenture des glaces ayant fait diminuer leur prix de revient au point de permettre leur acquisition à toutes les couches de la société. Certaines armoires à portes vitrées font même office de bibliothèque. Une progression générale vers la simplification des lignes et des éléments décoratifs va engendrer un mobilier simple et modeste, notamment pour les lits rectilignes. Les commodes, elles aussi,  seront unifiées et rendues pratiques et "grand public", notamment pour le modèle  comportant un marbre avec intégration d'une cuvette et d'un pot d'eau. Les bureaux ainsi que les secrétaires droits à abattant n'échapperont pas à cette règle de la standardisation dépouillée annonciatrice de l'ère industrielle. Seuls quelques jolis meubles d'époque Charles X utilisant des   bois clais incrustés d'essences plus foncées ont conservé une cote d'estime auprès d'une clientèle de collectionneurs.

LE STYLE NAPOLEON III

Cette période, qui commence avec la proclamation du Second Empire, le 2 décembre 1852, se terminera avec le siège de Paris par les Prussiens et la Commune en 1870. C'est le début de l'ère industrielle et la mise en sommeil des créateurs artisanaux. A tel point que le mobilier ne sera guère que la réplique de modèles du passé.

Meubles représentatifs

Le lit
Cette période verra la création de quelques jolis modèles en métal peint et un retour de la tradition avec des modèles en marqueterie Boulle.

Les sièges
Les chaises sont peintes en noir, avec un dossier ajouré décoré d'incrustations ou orné de peintures polychromes. Elles se caractérisent par une légèreté et une finesse parfois inquiétantes, à tel point qu'il vaut mieux éviter de poser les pieds sur les barreaux qui ne résisteraient pas à une pression soutenue. Pour les sièges confortables, notons les poufs capitonnés, les fauteuils crapaud, les confidents et les indiscrets avec leurs assises qui se tournent le dos, formant ainsi une succession de "S". On verra aussi le développement des copies de modèles Louis XV ou Louis XVI, surtout en bois doré. On raconte même que pour rester à la mode, certains marchands repeignaient de véritables fauteuils Louis XV pour les vendre comme Napoléon III. Il est vrai qu'à cette époque, les antiquités n'étaient pas prisées comme aujourd'hui.

La table
Les tables gigogne à motif chinois, de même que les guéridons à piétement en accolade et à forme de violon sont très prisés. Là aussi,  production importante de modèles en marqueterie Boulle et, innovation pour l'époque,  fabrication de tables et plateaux en carton bouilli (!), peints de fleurs ou incrustés de nacre. Le bambou est aussi à la mode et se voit même reproduit en trompe-l'oeil de bronze comme sur le piétement des hauts guéridons à plusieurs plateaux.

Le bureau
On recommence à faire des bureaux Mazarin en marqueterie Boulle, des modèles Régence en poirier noirci, Louis XV et Louis XVI en marqueterie ou en placage, et l'inévitable bureau ministre typique des administrations.
Les meubles d'appui
Une très grosse production de modèles avec médaillon en marqueterie de fleurs ou de type Boulle sur fond de poirier noirci verra le jour.


LES STYLES ART NOUVEAU ET ART DECO

Art Nouveau
En 1900, on inaugure le métropolitain. Trois ans plus tard, Pierre et Marie Curie reçoivent le Prix Nobel de physique. Ces premières années du vingtième siècle voient se développer deux styles très différents. D'un côté, une forme traditionnnelle qui est la continuité du Second Empire, avec notamment la fabrication de copies de meubles Renaissance (le fameux buffet Henri II) et de l'autre un courant créatif appelé Modern Style ou Art nouveau. C'est de l'école dite de Nancy que vont sortir les plus beaux modèles signés Gallé, Majorelle ou Guimard, l'architecte à qui l'on doit les entrées de métro de style nouille dont il ne reste plus que quelques exemples à Paris. 
Le décor est à base d'ondulations étirées, les sculptures prennent des formes de feuillages entremêlés, de drapés, d'ailes de papillon et de plumes de paon. Les formes se transforment librement, association asymétrie et légèreté, reproduisant des nénuphars, des feuillages ondoyants... Cette période particulièrement esthétique est caractérisée par la multiplicité des capacités créatives des artistes. A titre d'exemple, Emile Gallé était capable à la fois de concevoir des pâtes de verre aux techniques sophistiquées et du mobilier marqueté. C'est le début du temps des décorateurs associés aux artisans, dans une seule perspective : mettre l'art dans la vie de tous les jours.

Art Déco
De 1918 à 1940, pendant d'entre-deux guerres, on assiste à l'éclosion de l'Art déco. C'est le temps de Coco Chanel, de Cocteau, de Le Corbusier, des premières 24 heures du Mans et bien sûr, en 1925, de l'Exposition des Arts Décoratifs qui donnera son nom au style. Confort, qualité, élégance sont les mots clés des créateurs qui veulent redonner du panache au mobilier français. Adler, Chareau, Leleu, Mallet Stevens, Ruhlmann pour ne nommer qu'eux marqueront leur temps. Les bois précieux tels que l'acajou, le palissandre, l'ébène de Macassar et les loupes diverses, des matériaux exotiques comme le galuchat, les laques, les incrustations d'ivoire ou de nacre donnent une identité unique à ces meubles dont certains subissent encore l'influence du passé, avec cette touche originale qui fait leur charme. Les buffets sont à pans droits, formant bars, et trouvent leurs places comme éléments parfois uniques mais toujours décoratifs et utilitaires dans la salle à manger épurée. Les meubles se veulent fonctionnels et sobres, même s'ils s'adresse plus souvent à une élite, vu leur prix de revient. Les commodes à tiroirs ou vantaux font leur réapparition, avec de superbes modèles aux lignes surbaissées, structurées. Les consoles décoratives voient leurs lignes se simplifier à l'extrême, pour ne plus être qu'un plateau reposant sur un piétement en fer forgé aux enroulements rigoureux. Les lits prennent des formes variées : bateau, de travers, de milieu gainé, en nacelle, intégré au mur, façon "cosy corner" avec bibliothèque incorporée. Les sièges suivent le même mouvement, très bas, entièrement recouverts de cuir ou de tissu, de forme arrondie ou carrée avec des accotoirs rembourrés à armature de bois ou de métal. Après une longue désaffection des collectionneurs jusque dans les années 70, ces meubles sont aujourd'hui aussi  cotés que leurs aînés du XVIIIe, pour peu que la qualité et la signature témoignent de leur originalité.

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