01 novembre 2009

Secrétaire Louis XVI estampillé de MOREAU CORDIE et JME , par Xavier de Clerval

Retrouvez d'autres fiches techniques sur mon blog consacré à l'expertise

LOUIS MOREAU ébéniste - Marchand.

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En acajou, placage d'acajou et citronnier. Il ouvre à un tiroir, un abattant découvrant un "castin" à huit tiroirs et en partie basse à deux vantaux. Les montants sont décreusés de cannelures rudentées en citronnier, reposant sur des pieds fuselés. Il présente un décor de citronnier de Ceylan dans des encadrements soulignés de filets en amarante. Une moulure en astragale de citronnier souligne le tiroir.

Marbre blanc mouluré d'un cavet.
Ornementation de bronzes ciselés et dorés : bagues et sabots.

Serrures à canon trèfle.

Il est estampillé de L MOREAU et de CORDIE avec le JME (Jurande des menuisiers ébéniste)

Epoque Louis XVI

Haut. : 146,5 cm, Larg.: 103,8 cm, Prof.:43,1 cm.

Eléments techniques :

LE DECOR

La mode parisienne des meubles bis couleurs ou en deux tons de bois est très courte à la fin du XVIIIe siècle à Paris. Cette mode est plus répandue dans la production portuaire : Saint-Malo, Nantes, La Rochelle pour ne citer que les plus connues.

Les cannelures rudentées (partie arrondies en relief dans le bas des cannelures) incrustées dans une masse d'acajou est un véritable tour de force technique.

La présence de serrures à canon trèfle est aussi un signe de bonne facture.

Les bronzes (malheu reusement peu visibles) présentent des perles finement ciselées.

LES BOIS

Le bâti est en chêne, les tiroirs du "castin" (casier intérieur) sont montés en merisier avec des fonds en acajou.

Castin

 

Les côtés de tiroir sont assemblés à queues d'aronde, les fonds rampants et la façade sont en acajou massif (Onduras). Le montage à fond rampant indique une période tôt dans le Louis XVI. D'ordinaire, à Paris, à la période Louis XVI, les fonds de tiroir sont en chêne embrevés en rainure. Ce montage en fond rampant est issue des us et coutumes de la première moitié du XVIII e siècle.

 

 

LE BATI

d_tail_dessusLe dessus est assemblé à queues d'aronde dans les côtés; révélateur d'un signe de soin. En ce qui concerne la production parisienne de la deuxième moitié du XVIIIe siècle les dessus lisses montés à queues d'aronde indiquent une très bonne facture.

En ce qui concerne la production plus courante, les dessus sont montés en panneautage (panneaux de chêne embrevés dans les traverses avant et arrière).

La fabrication du mobilier Parisien suit une logique de construction. Dans le cas d'un meuble à décor de marqueterie raffinée, le bâti sera soigné - bien monté, comme ici. En revanche, pour un meuble simplement plaqué, le bâti sera plus simple.

 

Les signes indicateurs de bonne exécution sont : le décor (placage et bronzes), les serrures à canon trèfle et le type de bâti.

LES ESTAMPILLES

estampille

 

Les estampilles sont frappées sur le dessus à plusieurs endroits. Sur le côté droit, celle de Louis MOREAU maîtrise le 27 septembre 1764 est bien lisible. Celle de Guillaume CORDIE (ouvrier libre, Maîtrise 18 juin 1766) est superposée de l'estampille de Moreau. Le poinçon de Jurande JME atteste le contrôle de bonne fabrication par les Jurés.


 

OBSERVATION :

La présence des deux estampilles s'explique bien. Cordié aurait construit le meuble à la demande de Moreau qui est réputé pour être un Marchand-Mercier-ébéniste. Moreau ne voulait pas que celle de son sous-traitant soit visible.

Ce qu'il faut comprendre ; Louis Moreau dessine et décide du type de construction destiné à  Guillaume Cordié. Cordié est un simple exécutant. Nous connaissons d'autres secrétaires de L. Moreau qui présentent des analogies de dessin et de construction avec ce secrétaire en citronnier. Les meubles que nous connaissons sont estampillés que de L. Moreau (nous en présenterons un autre en acajou et placage d'acajou prochainement). Nous savons aussi que Moreau faisait travaillé un grands nombres d'ébénistes. Il était en son temps surnommé " Le Patron". Tous ces éléments nous permettent d'être aussi affirmatif dans notre explication : suivant nos connaissances à ce jour, bien sur.

Les meubles de L. Moreau sont caractéristiques, ils se distinguent des autres maître ébénistes ce qui nous permet aisément d'attribuer encore aujourd'hui un meuble à celui-ci.

Cependant, les particularités de sa production sont voisines de celles des Maîtres ébénistes F. SCHEY et de E. AVRIL.

X. de Clerval

Nos prochaines fiches techniques seront visibles sur le blog "Xavier de Clerval expert"

Posté par xavierdeclerval à 04:04 - - Permalien [#]